Ça n'est que deux petits jours alors je me dis autant en profiter. La route piquait vraiment, pluie et renards, c'était trop pour des yeux de tout petit matin. A la radio le patron du Medef et mes dents qui raclotent. "Il est en vraiment à droite quand même, votre potentiel successeur, non?" "Oui, non, bah normal en fait!". Le normal qui le serait pas pour tout le monde. Il faudrait que je range mieux les tiroirs (mentaux!), parce que là c'est tout en même temps et ça ne marche pas bien: ce que je projette pour fêter l'automne, leurs anniversaires pas bien longtemps après, nos petits ateliers, le matériel à créer pour appliquer vite cette formation avant que ça devienne brumeux. Et ce qu'on va manger, optionnellement, juste pour remplir ce coin de tiroir-de-tête qui pourrait être encore libre.
En profiter je n'ai pas bien réussi, je ne savais pas trop ce qui m'aurait fait plaisir. Je suis allée chercher de la laine pour notre soleil de cérémonie d'anniversaire, de quoi gâter une petite copine des garçons, et même de quoi faire un écureuil d'anniversaire à Odilon. J'ai pris des boutons qui racontent l'histoire du petit chaperon rouge, je pourrais crocheter un col Claudine sur lesquels les coudre en plus peut-être? Je profite d'avoir à gâter une petite fille. Après j'erre un peu, pas envie de chercher un endroit chouette où manger alors je finis dans une supérette d'où je repars avec des crevettes (il est allergique alors je profite de ma solitude) et des tomates cerises. Pendant qu'on se racontait les journées tout à l'heure il a fait tomber le téléphone dans le bain alors on ne peut même plus se dire comment les dîners se sont passés. J'aurai voulu lui demander s'ils avaient fini le minestrone et quels livres ils ont lu avant de dormir. Tant pis, les couronnes au crochet pour les fêtes avanceront. Je suis surprise de savoir toujours crocheter, depuis le temps que je n'en avais plus fait.
Point tricot, et ma résolution des 17 tricots en 2017... voici le numéro 8 (brr on serait pas en septembre, dis? Va falloir que les aiguilles cliquètent!) une baby blanket (la Umaro) que j'avais dans mes envies depuis longtemps. Elle est pour un bébé qu'on espère fort fort fort, pas chez nous, chez une personne très étoilée. Je me suis dis que s'il atterrissait dans ce petit cocon doux, il serait d'autant plus pressé. Un porte-bonheur, un peu, et beaucoup d'amour dans chaque maille. Il a pris du bacon au marché fermier auquel ils sont allés tous les trois pendant que je périplais pour revenir de Strasbourg. Je crois qu'on s'en servira pour faire des carbonara de courgettes, il nous faut devenir un peu plus imaginatif maintenant pour continuer à écouler le stock avec le sourire!









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