Une soirée, tout entière. La veille Odilon avait dit "maman elle est toute rose", et c'est vrai que j'avais les joues comme deux petits toasts. Là juste à côté du feu c'était agréable de m'en souvenir, les joues encore plus brûlantes que la veille. Je dînais d'un chocolat chaud, petit -oh même très grand- plaisir solitaire alors qu'il était parti en ville pour la soirée et la nuit et que les koalas s'étaient endormis alors que j'étais à peine en bas des escaliers. Ils avaient 2 oeufs au plat et une énorme assiette de semoule et de fenouil à la tomate dans le ventre chacun, les petites jambes avaient vraiment bien travaillé aujourd'hui. "Et le cerveau aussi!" On s'est couché en parlant des oeufs qu'on cacherait et qu'ils chercheraient le lendemain, et dans les fleurs, et dans les arbres, et même dans la boîte aux lettres! Oh oui, bonne idée, tiens! Le gâteau était en train de cuire dans le poêle, au citron et à la pâte d'amande. Il ne faudrait pas que j'oublie de donner trois nouveaux tours à ma pâte feuilletée avant d'aller au lit, pour la chicken pie qui le précéderait. La cuisson attendrait qu'il revienne, je ferai la sauce et les haricots plats à part... Maintenant qu'on cuisine avec le four du poêle ce serait raisonnable que j'apprenne à faire du feu (ou que je le regarde faire deux fois quoi!), mais c'est tellement goûtu de s'en faire offrir un quand il s'agit de se réchauffer dedans-dehors.
Il aurait fallu que j'avance dans les affaires pour nos deux semaines en Belgique, pour la suite de ma formation dans une bien enthousiasmante école Montessori. On part demain après le petit festin. Nous tous, bien sûr, et leurs journées qu'ils me raconteront dès que j'aurai passé le pas de la porte, tous les soirs, et ma famille d'écosse qui nous rejoindra là bas pour une semaine. Très gai, et un immense goût de vacances donc, ou de très bon temps en tout cas. Il y aura du dorlotage dans l'air, sûrement, et les petits moments larmes-aux-yeux sans crier gare - en passant le balai, en terminant une ligne de compta, ou dans un soupir dans le bain - me font dire que j'en ai besoin. Je me couche et me collant le plus possible contre lui et en lui soufflant heureusement que tu es là, et rien alors ne pourrait sonner plus vrai. J'ai dans la main l'image de Pépin et Odilon qui, alors que je barbote dans mon énième bain de la semaine (pardon conscience écologique, ma santé mentale en dépend en ce moment), prépare le thé pour "bébé M". Attention c'est chaud! M il aime pas le café! Il nage M? Je raconte encore qu'il arrivera avec les pivoines, plus ou moins, et qu'on fêtera l'été avec lui. J'ai bloqué sa couverture tout à l'heure, je suis en avance cette fois ci...
Dans le bureau d'à côté j'ai maintenant une bouilloire, et forcément c'est le bonheur des mains qui se réchauffent et des épices sur la langue. J'ai refait un petit stock et j'alterne entre Joie de vivre et Energie féminine avec leurs petits mots attachés aux sachets qui me disent que le bonheur entraine le bonheur, et tout et tout. Dehors il y a du soleil et les enfants jouent au ballon avec les frères du patient qui vient me voir. C'est tellement le genre de scène gaie que j'avais imaginée, avec ce grand projet, que ça me fera sourire jusqu'au soir. Comme une autre place du village. Je repeindrai les portes de devant, dans un beau vert macaron, et quand ce sera fait je mettrai un banc à côté des touffes de lavande que je viens de planter. Les kumquats, derrière la fenêtre eux, murissent, et les pieds de mûres n'en pouvaient plus d'attendre de rejoindre le jardin. Les semis attendront le retour de formation, c'est un peu frustrant de voir ces sachets de promesses sans pouvoir raisonnablement y toucher pour l'instant. Une page de plaisirs après l'autre...




















