Je suis surprise par la nuit dehors, alors qu'on a à peine commencé l'histoire du soir. On est gai,et j'ai en tête les dernières plantes déplacées qui ont besoin de leur eau du soir. Moi tout seul (le livre), et un petit ouf en moi! C'était une après-midi et soirée tête à tête, tous les trois. C'est très rare et je crois qu'il y avait une connivence au goût d'école buissonnière entre nous. On a attendu que le gâteau finisse de cuire avant de partir, on le goutera en rentrant! Sur le chemin on s'est arrêté prendre des mirabelles et des prunes dans le verger là où c'est très joli. Et des pommes aussi, tiens, elles sont si tentantes. Un petit chat blanc aux yeux bord de mer est entré dans la voiture, juste le temps d'une caresse de bonjour. On avait déjeuné de tartines de saumon et de soupe, toute orange même avec les brocolis. J'y avais râpé un peu de gingembre, mais après je n'y touche plus, il commence à germer alors je vais m'amuser à le replanter.
Sur le chemin il s'est mis à pleuvoir, beaucoup beaucoup. On était seul à la bibliothèque, on a fait nos cartes toutes neuves. Pépin s'est assis sur un canapé avec un livre, et faisait des aller retour à chaque dernière page tournée. Comme si on avait toujours fréquenté ces lieux. Huit livres pour eux, tous étrennés sur le canapé en rentrant, un pour moi. Pris comme avant, dans toutes les bibliothèques dans lesquelles j'ai été inscrite, sans lire de quoi il s'agit, avec la couverture blanche et noire des éditions de l'olivier. En sortant un immense arc en ciel, qui nous a tenu dans la cours de l'école (où se trouve la bibliothèque) longtemps, le doigt pointé. Le gâteau était prêt, le thé un peu trop chaud pour que j'attende avant de le goûter. Les enfants et leur petit bol de mirabelles, à côté du gros bol bleu qui se remplit de noyaux. On dessinera des chemins avec, puis ça deviendra sûrement des uns à ajouter les uns aux autres, des pleins et des pas beaucoup. J'ai rempli une feuille rose, des titres soulignées et des idées à aménager en petits ateliers pour Pépin, et Odilon. Un nouvel agenda juste pour ça, les piscines et les temps de jardinage, le pain qu'on fera et cet escargot en feuilles, quand il y en aura assez sur l'herbe dans le jardin.
Bien serrés sur le banc, on a continué à croquer dans les mirabelles. Les prunes n'avaient pas tant de succès. Personne ne voulait de lait chaud, moi j'aurai bien aimé des tasses fumantes qui auraient dit que c'était le repas cocon de notre soirée. Un yaourt quand même. Quelques temps après ma soiréeàmoi commençait. Je n'arrive pas à me décider entre les possibles, je cogite en rangeant. Je fais un peu durer ce temps là, remontant le fil de ce qui est devenu plus facile dans les routines qui tiennent la maison debout. J'ai été une petite fille qui avait peur d'inviter des copains chez elle tant c'était le bazar et regardait avec étonnement et un peu d'envie les parents qui ramassait les miettes sur la table après manger. Donc il faut vider ces valises là, et je crois que c'est un peu fait maintenant. Pas de film ou de rangs, je savais que le livre allait me tenir longtemps alors autant se coucher tôt. J'ai rêvé que les souris qui se trouvent décidément bien chez nous étaient en fait des écureuils. Dommage, eux sont tenus dehors par les noisetiers!





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