Un matin j'écoute Manu dibango quand partout s'affichent des photos de David Bowie. Je n'aime pas les hommages qui disent j'en suis, et je pense surtout à mon père qui est parti avant lui, Lou Reed et Alan Rickman, ces peines épargnées c'est des petits cadeaux pour lui. Il y a donc les rythmes chauds et Pépin qui se dandine sur la musique pendant qu'Odilon mange comme si c'était la première fois de sa vie. Il faut qu'on se prépare pour la nounou et ça me semble l'épreuve du siècle. Habiller et mobiliser 3 personnes, en faire des moments de vie et pas du vite vite vite!
C'est une journée aux discussions entre 2 portes, manteau sur le dos. La to-do list est toute biffee en fin de journée et je me demande d'où me vient cette étincelle d'efficacité. Le lendemain c'est encore pire et deux kiwis au réveil font pâle figure à côté de ma nuit triste à souhait. Les bébés n'ont pas si mal dormi mais moi j'ai cogité, cru prendre une décision mais est-ce que c'est vraiment le genre de chose qui se décide entre deux rêves? En faisant une pâte sablée j'essaie de trouver un chemin dans tout ça, de parer au plus urgent, c'est à dire sûrement me faire à moi-même un câlin ou au moins une tape dans le dos. Je pétris sous l'oeil très attentif d'Odilon. Pépin lui racle le fond d'un gâteau au chocolat, et Flanelle aimerait que je ne le vois pas s'approcher pour prendre sa part lui aussi. C'est une petite vie bien tranquille, se disent sûrement les passants qui jettent un coup d'oeil alors qu'ils marchent sur le trottoir d'en face.
A trois maintenant il manque toujours quelqu'un. C'est ce que je me dis chez ikea, liste à la main, alors que je prends de quoi faire un bureau dans lequel je serai heureuse de recevoir les gens. Un canapé vert, des rideaux bleus, et ça en blanc? Ce sera bigarré, et non pas ça, c'est pas une crèche non plus! Qu'on ait envie de s'asseoir avec moi, qu'on ait 5 ou 50 ans. Mon endroit pour être avec les gens, si c'est pas du rêve ça.



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