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Un longue broderie, une fresque, notre 2015. Commencée à trois, un Pépin incouchable ce soir là, dans un appartement aux plafonds trop hauts pour nous. J'ai rencontré ce sentiment d'éviscération de laisser son bébé, je me suis sentie beaucoup plus vulnérables face à mes patients, moins soutenante pour les aider à vivre leur bancalité. Est apparu plus évident séance après séance qu'il me fallait d'autres outils, un autre contexte pour travailler. L'oeuf ou la poule, ou peut-être tout simplement ajouter un poussin au tableau... L'envie, du ventre elle aussi, d'un nid, d'un endroit où graver les souvenirs. Une scène pour notre vie, qu'on taillerait à notre image. Les quelques visites, ce sentiment de visiter des musées qui ne nous parlaient pas trop. Puis, un peu pour rire, un peu pour rêver, LA visite, avec la marraine de Pépin en bonne étoile, et les mailles qui se sont tissées tout de suite. Vert, ce serait bien notre couleur pour les années à venir. L'invité mi-surprise mi-mystère, celui qui trouvait que la place était drôlement libre. Nos bouches bées puis souriantes, et mon corps tout dévoué. On a trouvé son prénom tout de suite et à la naissance ses joues rebondies m'ont surprise. 2015, l'année qui m'a fait vivre d'un coup ce que je projetais pour les années à venir. 

Une année qui réclame un grand agenda, une montre et peut-être encore quelques cures de spiruline. 2016, dans cette pochette surprise que sont ces pages blanches à écrire je vois des visites sur le chantier, des quatre pattes dans l'herbe mouillée du jardin. Des rencontres qui feront battre le coeur avec de nouveaux patients. Continuer à trouver mon chemin dans cette pratique, en y accolant de nouvelles compétences, j'espère ça encore un peu secrètement mais très fort. S'alléger, toujours, ne plus regretter de n'avoir pas dit ça, ça ou ça aux "ex" en tout genre, vider cette maison aux allures de caverne d'Ali Baba étouffante. Une année en mots aussi, ça c'est sur, je ne pourrais pas m'en empêcher! Ici c'est un cocon-soupape dans lequel je peux toujours me lover. 

Ces portraits des joues rouges, roses ou chocolatées, c'était vraiment gai à faire! Une petite histoire en images qui clame que la vie est bien un gâteau à étages. 

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