Pages

.

48/52



Mes bébés tout terrain. Odilon se déplie et se détend, et répète pour son premier sourire. Il dort volontiers 5 heures d'affilée depuis quelques nuits, et ce sont ces nuits là dont je me réveille le moins bien, si c'est pas bancal, ça... Pépin grimpe, grimpe, grimpe, que ce soit sur le chien ou les chaises. Il descend et monte les escaliers tout seul quand on sort ou rentre, et ne s'arrête jamais volontiers... Très triste que nous n'habitions pas au 7ème sans ascenseur! (c'est bien le seul!). On me demande s'il ne marche toujours pas, et nous en catimini on se dit que ça nous manquera ce quatre patte si adorable (et efficace!). 

Nos sorties sous la pluie, moi mal emmitouflée, parce qu'une fois que tout le monde est prêt je n'ai plus guère le courage de lever les bras une fois encore pour attraper une écharpe ou un bonnet. Cette période tourniquante de ma vie où je peux déjeuner d'une tartine de pesto debout, en allaitant, sur un reste de pain dont j'essaie de faire comme s'il n'était pas rassi. Ces temps de vie comme les photos de ma plus belle exposition. Je suis surprise quand il m'embrasse ou laisse sa main sur taille une seconde de plus. J'oublie de manger, j'oublie de le regarder, mais je me laisse aller, je fonds dans cette parenthèse maternelle. 

Pendant quelques instants de lucidité j'envoie chez l'imprimeur des cartes de visite pour mon grand saut, je ne fais pas que des bisous mais je change aussi des couches, et je paie même le loyer. Je compulse des patrons de moufles et de mitaines, sans même me dire que ce serait plus raisonnable d'en acheter une paire. Je suis folle de cette maternité, mais je pense encore à parsemer cette fin de curry au potiron de graines de lin. C'est le beurre, l'argent du beurre et tout le reste cette vie là. 

No comments:

Post a Comment