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De ces journées qui rappellent qu'un jour à nouveau le printemps pointera son nez, et qui donnerait presque envie d'accélérer un peu le temps. Pourtant dieu sait que j'aime ces excuses toutes trouvées pour se fondre dans ma casanièrité et que la bouilloire n'ait jamais plus d'une heure de répit... Pépin lui aussi fait du thé maintenant, et en fait profiter n'importe quelle peluche ou poupée docile. Il y aurait beaucoup de post-it heureux à coller un peu partout, j'ai enfin pris le temps d'aménager notre coin-chambre, on y est à nouveau veillé par mes belles images. Là haut la peinture ce n'est vraiment pas pour tout de suite alors je m'y donne le droit d'y investir les murs même non-finis...

Mal rangés ces post-it joyeux me font juste avant le sommeil penser avec un sourire au futur potager, que je devrais sûrement être presque déjà en train de préparer. A ce futur bureau juste à côté de la maison, oh si j'avais oser rêver à cette vie là, partir au travail un gros gilet sur le dos et ma tasse du matin entre les mains. Ce pull bordeaux pour lui, bleu glacier pour lui, qui monte juste assez vite pour me tenir en haleine. Je mâchonne mes idées pour la nouvelle année, et je crois que cette fois encore on se grondera parce qu'il fera la grève des bonnes résolutions quand moi j'adore ces listes qui font rêver... 

Je n'ai plus de mots et mes mailles me manquent déjà, j'espère que les fêtes vous font l'effet d'une brioche chaude... (ici le christmas cake était parfait et les trifles m'ont emplie d'une douce nostalgie!). 
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Le voyage pourrait presque se résumer au périple en train tant ses yeux éclairés et son petit doigt pointé en font une aventure. Lui qui nomme et dénomme sans relâche ces derniers temps chante traintraintrain à s'en tourner la tête. La gare est au milieu de nulle part, on pourrait aussi bien être sur la lune, et ça sent le fumier. On est près de chez nous et dans une heure dans un autre monde, ça enlève le froid et les moufles pourtant ardemment tricotées oubliées. 

La vulnérabilité un peu à vif ce sont les marches bien trop hautes entre les gens, les extrêmes incohabitables -dans ce monde là en tout cas- que j'observe, les yeux plus ouverts que je ne le voudrais. De ces choses que je dépose la nuit dans le noir, sûrement pour ne pas les emmener dans le sommeil. Il s'y trouve déjà de drôles de compagnons, mon père qui s'allume une dernière cigarette, des joueurs de foot qui font la nounou (huuuum), un monsieur à qui je propose un dîner...

Heureusement on va dans une maison-refuge, chaude dans tout ce que ça a de douillet. On arrive chargés d'enfants et de gâteaux, et on repartira lestés d'autres douceurs. Le petit livre des histoires joyeuses est bien noirci d'un coup. Ce qui n'est pas facile et mes mots remâchés perdent d'un coup leurs épines, les petits miracles de l'amitié. La soupe est meilleure qu'à la maison, comme il se doit, et le thé jamais trop chaud même quand il est brûlant. Sur une carte mes mots cahin-caha racontent mon bonheur, mais ce sont bien les garçons et tous les gestes doux et enthousiastes qu'ils emportent sur leur passage qui l'incarnent le mieux.
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Le soir on entend des petits pas... un petit monsieur a envie qu'on lui court après, quand nous c'est plutôt les mailles, le rangement de la folie de la journée, un thé-carotte voire un verre d'amaretto qui nous fait rêver. On tâtonne, on se râle dessus l'un l'autre, c'est dur de faire équipe, un peu. Les soirées sont rétrécies et dedans il faut y caser les cadeaux de Noël sur aiguilles, les compte-rendus à rédiger, et la soupe à réchauffer. Moi j'aurai envie d'être au lit avec ce livre qui me permettrait d'avoir les yeux plus grand ouverts sur ce Pépin aux jambes qui ne veulent plus s'arrêter. Ce soir il sentira l'huile de coco après un massage à l'huile de magnésium, tâtonner, tâtonner et en même temps rester constante... ça me donne l'impression de sauter à cloche pieds et je m'endors parfois-souvent l'oreiller mouillé de doutes. 

Ces petites jambes anti-dodo sont quand même chouettes quand il s'agit de crapahuter en Alsace, de pointer chaque vélo qui passe (et il y en a!) ou chaque sapin. Odilon est en koala et réclame du jus de pomme chaud au épices... ce qui est de son corps ou du mien, dans la chaleur on ne sait plus trop, et évidemment c'est délicieux. Petites contenteries partout, à collectionner, ma voisine de formation qui me raconte qu'elle n'a pas toujours été cette femme libre que je lui dis voir, tu verras, toi aussi... Les mailles roses que j'emporte partout et qui, c'est sur!, seront terminées pour Noël et partiront outre-manche. Pour ma grand-mère, je crois que ce sera un nounours à l'air rétro comme il faut, dans cette laine qui me fait penser à de la glace aux marrons... A-t'on besoin d'autre chose quand on a un si long chemin derrière soi et la mémoire qui s'est semée entre temps.

Je réclame un feu à peine rentrée. Les cartons de décorations de Noël sont sortis, mais peu compatibles avec l'enduit ou les peintures à faire... je crois que ce sera pour les vacances, c'est une carotte pour avancer (en plus d'avoir vraiment envie de vivre dans une maison pas en carton...). Il y a le thé à la noisette et les chants de Noël (du plus chic au plus culcul!) et les "kilos" (mais à force on pourra enlever les guillemets!) de stollen. Scrupuleusement les petites cases s'ouvrent. La mienne, de ce calendrier pleins de thés qui vient d'Angleterre mais a un peu trop de thés pas douillets à mon goût, toute seule le matin, plus ou moins embrumée et au son des chouettes qui se racontent le jour qui arrive. Et les leurs, drôlement gai, les morceaux que Pépin partage avec nous ou Odilon, pour le plaisir de dire "tiens!" et se régaler de notre enthousiaste "merci!". Délices, quoi.
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On a presque écouté le dicton et planté les trois fruitiers qui attendaient dans leur pot à temps... et en effet le lendemain matin le jardin était tout blanc de gel! Un pommier (des "pippin" je sais plus quoi, dont les pépins font du bruit quand on les secoue, on ne pouvait pas résister), un cerisier et un mirabellier (évidemment, vu où nous sommes!). Et maintenant guetter, guetter, guetter? Le printemps a des chances d'être gai... Quelques heures au jardin, à observer les vers de terre que l'on dérangeait en creusant, marcher derrière le chariot (sous les applaudissements!) et inspecter les brins d'herbe. De l'air pour se guérir un peu le coeur des moments-dragon ces derniers jours, le vivre ensemble s'écrit tous les jours, mais il nous manque parfois les mots... (heureusement le tricot est rose et les chocolats de Noël déjà dans l'armoire...!)
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Un monsieur est venu et est monté sur le toit, même que l'échelle bougeait drôlement. Je suis allée me cacher à l'intérieur pour faire un café à tout ces hommes là. Quelques heures et bipbipbip plus tard on avait enfin un téléphone fixe et internet dans ce qui devient d'autant plus une maison, du coup. J'ai fêté ça avec un long coup de fil à ma grand-mère et la photo de mes nouvelles lunettes aux copines... On est allé s'inscrire sur ce site des fermiers du coin qui propose un drive une fois par semaine, pas loin, cherché la tête de cet animateur qu'on aime bien, et moi commandé ce livre en français de Jamie pour une amie (je fais du prosélytisme). 

On a fait une marmite de pâtes volantées, comme si on était une grosse famille. Dedans on a mis une fin de boursin et de la sauce au wasabi, celle qui fait faire des grimaces mignonnes mais aussi se lécher les doigts. Pépin a réclamé son lit mais a quand même repris du crumble, et après quelques baisers et aller-retour en haut la maison était tout calme. C'est a cette heure quotidienne et rare qu'on remarque ses bruits à elle, qu'on entend à nouveau le chien ronfloter-respirer, mes aiguilles cliqueter. Depuis hier je tricote une laine fuchsia pour un châle de noël, ça n'est pas agréable ces tricots date-butoir, mais les motifs qui se dessinent si, donc... 

Ma mamie s'est moquée de moi quand je me suis plainte de mes lessives quotidiennes. Elle me raconte ses 3 filles pas propres en même temps, sa lessiveuse à la main, et mon papi qui prône le repassage des couches pour les stériliser... Elle me raconte la bouteille de champagne qu'elle a ouverte pour la défaite de Sarkozy et moi notre inscription sur les listes électorales ici, sans grand enthousiasme. Il faut que je rattrape ces mois dans notre grotte un peu coupés du monde, et à peine raccroché j'avais envie de la rappeler pour lui raconter Pépin et le pot et les grues dans le jardin. La confiture de tomates vertes à l'orange et au citron, aussi. 

Et à nouveau penser à haute voix ici quand ça me chante, je suis contente!
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Ce petit veau de bébé réclame à boire à 6h30 et je ne me rendors pas. C’est autant pour le plaisir de ces heures à moi dans le petit matin, que parce qu’à peine les yeux ouverts se déroulent pêle-mèle tout ce qui se tient sur le feu.. (les rendez-vous à déplacer au boulot, le pédiatre-chauffagiste à appeler, le calendrier de l’avent et des moufles à tricoter aux enfants…). Finalement c’est en cuisine que je me mets, même si l’ail, le fenouil et les aubergines ne tiennent pas chaud comme l’odeur d’une brioche voire d’un croissant! Je mets cette grande gamelle au four, sans savoir si ça finira avec du blé ou en lasagnes (finalement en lasagnes, avec une béchamel au lait de riz). Odilon s’est mis à manger tout seul depuis quelques jours et ça change agréablement notre façon de manger. Il aime les morceaux qui s’attrapent bien, les deux mains au travail. Ça a commencé avec une chouette soupe aux pois chiches et aux petites pâtes, dont tout le monde s’est resservi un bol, jusqu’au risotto aux saucisses d’hier (pourtant pas si facile à manger avec les mains, mais ce n’est pas la volonté qui manque). 

Je me demande si ça n’est pas une semaine un peu paquebot qui s’annonce (formation pour tenir ma compta + formation tout court!), mais pour l’instant c’est le premier lundi que je peux vraiment goûter depuis que j’ai barré ce jour là (aussi) sur l’emploi du temps bureau-esque (semi femme au foyer qui ne s’assume pas vraiment). Et pouf à nouveau la liste qui défilent (la liste du magasin de bricolage: tronçonneuse, vis plates…cette après-midi carrelage ou peinture? avancer sur les compte-rendus de l’itep, etcetc). L’agréable du matin c’est surtout d’aller essayer le marché de la ville d’à côté. Pour de vrai cette fois-ci, nous avons tenté la semaine dernière, mais comme des touristes perdus ça n’était pas le bon endroit, ni sûrement le bon jour… Pas tout à fait acclimatés! Aller au marché, avoir ses habitudes à la médiathèque de l’autre ville d’à côté, et on sera encore plus chez nous. 

Ce qui aide bien, à être mieux calés ici, c’est cette nouvelle vie cuisine et canapé inclus! Je n’ai même pas su que cette vaisselle à genoux devant la baignoire était la dernière, ça sonnera romantique quand on le racontera à nos ados… Puis hier, alors que les bébés dormaient à une heure de petits vieux, un marteau, des clous, et un pas en avant vers la maison qu’on a tous les deux en tête. Et même internet, on a posté le dossier un peu solennellement en rigolant en se promenant dimanche, après une étude de marché rondement mené sur ce qu’il nous était possible d’espérer comme connexion tout au vert que nous sommes. Ce ne sera pas illimité et avec une parabole sur la tête, mais pouvoir aller sur ravelry depuis notre canapé voire en faisant la cuisine… it will surely feel like home non?
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Pour prendre des forces avant la fête, et parce que les amis c'est ma famille à moi, on est descendu quelques jours à Marseille. On n'avait même pas peur des 8h de route bébés-accompagnés, après tout un Nancy-Strasbourg avec le chien c'est bien plus périlleux, et on est arrivé avec nos tympans et sans avoir eu besoin de sirop pour la toux. On y allait pour la thèse de médecine d'une amie, qui m'avait peut être bien invitée sans oser penser que je dirai oui. Mais l'état d'esprit on vit pour vivre est de mieux en mieux un crédo, et Odilon n'avait jamais vu la mer, alors... J'ai pleuré plusieurs fois pendant ces petits jours au sud, voir mon amie devenir une grande vrai de vrai, et si brillamment, lire la dédicace qu'elle m'avait réservée dans sa thèse, si touchante. Et est-ce qu'on peut pleurer de joie de manger de la chantilly la meilleure du monde avec de la crème de marrons, tout ça dans une chouquette? 

C'était trop bon cette ville qui appelle les siestes portes ouvertes et volets clos, tout synchros qu'on était tous les 4. Dans la rue les gens alpaguent nos blonds, et eux mêmes courent après les vélos. On se dit, vieux, si on en peut plus du vert, on viendra chercher le bleu ici. Dans notre quartier pour quelques jours les gens plantent sauvagement des fleurs et des plantent, dès qu’un bout de murs ou de trottoir en laisse l’occasion. On trouve une boulangerie avec un pain aux fruits secs et à l’huile d’olive qui se mange en marchant comme une gourmandise. J’achète de la laine verte purée de brocolis, avec des poils de lapin dedans. Ce sera bon de tricoter ce futur gilet en pensant à ce pêcheur, installé dans son fauteuil de rochers, ses deux cannes travaillant pour lui, un livre qui le transporte peut-être très loin de son île sur les genoux… Odilon n’en a jamais marre d’être porté en koala, et mes lèvres ne se lassent jamais de caresser ses cheveux de soie. Les yeux entrouverts après quelques heures de marche, il continue à regarder la mer et de suivre tant qu’il peut le chemin d’une mouette. Avec eux c’est délicieux d’être casanier, mais c’est aussi drôlement gai d’être en goguette…         
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