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Pour prendre des forces avant la fête, et parce que les amis c'est ma famille à moi, on est descendu quelques jours à Marseille. On n'avait même pas peur des 8h de route bébés-accompagnés, après tout un Nancy-Strasbourg avec le chien c'est bien plus périlleux, et on est arrivé avec nos tympans et sans avoir eu besoin de sirop pour la toux. On y allait pour la thèse de médecine d'une amie, qui m'avait peut être bien invitée sans oser penser que je dirai oui. Mais l'état d'esprit on vit pour vivre est de mieux en mieux un crédo, et Odilon n'avait jamais vu la mer, alors... J'ai pleuré plusieurs fois pendant ces petits jours au sud, voir mon amie devenir une grande vrai de vrai, et si brillamment, lire la dédicace qu'elle m'avait réservée dans sa thèse, si touchante. Et est-ce qu'on peut pleurer de joie de manger de la chantilly la meilleure du monde avec de la crème de marrons, tout ça dans une chouquette? 

C'était trop bon cette ville qui appelle les siestes portes ouvertes et volets clos, tout synchros qu'on était tous les 4. Dans la rue les gens alpaguent nos blonds, et eux mêmes courent après les vélos. On se dit, vieux, si on en peut plus du vert, on viendra chercher le bleu ici. Dans notre quartier pour quelques jours les gens plantent sauvagement des fleurs et des plantent, dès qu’un bout de murs ou de trottoir en laisse l’occasion. On trouve une boulangerie avec un pain aux fruits secs et à l’huile d’olive qui se mange en marchant comme une gourmandise. J’achète de la laine verte purée de brocolis, avec des poils de lapin dedans. Ce sera bon de tricoter ce futur gilet en pensant à ce pêcheur, installé dans son fauteuil de rochers, ses deux cannes travaillant pour lui, un livre qui le transporte peut-être très loin de son île sur les genoux… Odilon n’en a jamais marre d’être porté en koala, et mes lèvres ne se lassent jamais de caresser ses cheveux de soie. Les yeux entrouverts après quelques heures de marche, il continue à regarder la mer et de suivre tant qu’il peut le chemin d’une mouette. Avec eux c’est délicieux d’être casanier, mais c’est aussi drôlement gai d’être en goguette…         

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