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#2



Dans la nuit, les pieds mi dans la gadoue mi dans la neige... 

Dimanche marche juste à temps pour croiser le soleil, sur une route où d'adorable mini shetlands attendaient que je les croise. Un rouge gorge aussi, presque aussi dodu que celui qui vient manger les miettes et graines devant la maison. Autrement pas une âme, et encore ce goût délicieux des pensées qui jouent à saute-mouton, portées par le roulis des bras et des jambes qui forment session après session, peu à peu une danse plus assurée. A la maison sur le feu une marmite de kale & sausage stew, et des enfants un peu réveillés mais encore ébouriffés, des miettes de galette -encore et toujours- sur les joues. Pépin en joli pull vert (pas maison!) fesses nues, tentatives de pot obligent, chaussettes bleues jusqu'aux genoux et bottes de pluie roses aux pieds. Un charmant tableau, quoi! 

Dans l'après-midi on aurait bien fait une sieste mais eux non. Bon, un bisou entre deux portes et un thé, nous voilà consolés... J'ai fait le dessert que ma mère faisait souvent, mais en meilleur je crois! Compote de pommes, celles qui embaument toute la cuisine et poussent à quelques minutes d'ici. Je garde précieusement leurs graines dans un bocal, pour en faire un verger du tonnerre. (Là le cynique de la maison se moque de moi, mais enfin c'est bien comme ça que ça commence non?). Et sur cette compote de la crème pâtissière, avec du vrai lait et sa couche de crème sur le dessus. Odilon a tout recraché, mais moi ça m'a fait mon repas ce soir... 

Autrement tricot 2 est prêt et sera bientôt présenté, maintenant c'est du bleu sur mes aiguilles, des belles mailles rebondies du Camilla sweater qui me faisait de l'oeil depuis si longtemps. Il n'y a pas encore assez de mailles pour que je profite avantageusement des bienfaits angoisse-fiche-le-camp du tricot, et entre 2 gélules de valériane et cachets de magnésium je profite (hum!) de quelques accès de bonne vieille hypocondrie des familles, à l'ancienne... (j'ai eu l'appendicite une dizaine de fois, plusieurs AVC et même la SLA deux ou trois fois...). N'empêche, c'était il y a longtemps tout ça, quelle régression, je ne suis pas fière! MAIS, le verre plein tout ça, je peux allègrement noircir la page "victoires d'affirmation" de mon cahier bleu... En réunion dans le centre où j'interviens, ah c'était beau à voir. Enfin, j'imagine! Ces pas en avant et en arrière, ça aussi, ça devrait finir par faire une danse qui donne le sourire... Pfiou!
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#1 (côté tricot)




Dans mes bonheurs-2017, savamment agencés dans mon cahier, parmi les 17 lignes il y en avait forcément quelques unes qui causaient tricot... La 1ère disait que non, non, non, cette année je n'achèterai pas de laine, je viderai les stocks (que le dieu de la décroissance, de la simplicité volontaire et le Dalaï Lama soient avec moi). Quelques lignes plus loin que cette année je tricoterai des chaussettes (peut-être pas très compatible avec le bonheur du dessus mais bon), et enfin que 2017 égalerait à 17 tricots. Peut-être plus, mais au moins 17!

Et ce soir voici le premier! Un test knit (je suis fière comme un petit paon d'écrire ça), pour Camille, qui va donc bientôt sortir ce fort joli pull à noppes, qui est peut-être bien un de mes points préférés au tricot. Enfin pas à faire, ça c'est un peu casse-pieds, mais le rendu sied à mon côté fan de pois... Dans une laine toute chouette, de chez Boucle Laine, qui a été par à l'occasion une super découverte. Pépin dort et ne peut pas l'essayer, mais vivement demain...
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#1




 Petits poseurs assortis! 

Samedi fin d'après-midi, soir si l'on est honnête je rentre de travail-coursettes avec une impression de marathon dans les chevilles. Il y avait peut-être un rendez-vous ou deux de trop là dedans, moi qui aime tant travailler le samedi, cette fois-ci la magie n'avait pas opérée. C'est Pépin qui m'accueille avec un enthousiasme guérisseur, et une grande envie de raconter sa journée. Odilon dormait, Flanelle aussi cela va sans dire, et François faisait de l'enduit. Tout était bien dans le meilleur des mondes, en somme.  Sur le calendrier des menus, suivi avec enthousiasme, c'était tatin de poireaux et tiramisu libanais. Alors, hop, au travail. Un thé, quelques chichi dans un bol (mes racines anglo-saxonnes sont à blâmer, certainement). Pépin s'est installé debout sur le banc qui entoure le plan de travail, exactement comme on l'avait imaginé-rêvé le jour où on a décidé que la cuisine serait comme ça. Lui aussi a sa planche et son couteau, et on coupe les poireaux avec enthousiasme. A la radio ça a l'air intéressant, mais moins que ce que Pépin a à raconter, des histoires un peu mystérieuses qui demandent une danse subtile entre encouragement et étayage. La pâte est prête et la cuisine sent le curry. Un bonhomme ébouriffé aux joues rouges nous rejoint bientôt, il sent bon le sommeil et le moelleux. On en est aux pistaches pour le tiramisu, et là une cuillère chacun et de quoi transvaser et c'est vite mi un chantierpaspossible mi un gai atelier. 

Le soir le pull qui m'occupe depuis quelques jours gagne une manche et pour le lendemain on fait sur le canapé-radeau des projets de peinture de futur lit de grand et de marche qui donneront forcément les joues rouges. Dans le cahier bleu qui me suit partout je raconte mi honteuse mi fière ces paniers virtuels pas validés. J'ai l'impression qu'à la fin du mois ça fera une sacrée somme ces envies qui disparaissent aussi vite qu'elles sont venues. Une fois cette épine honteuse du pied enlevée, je crois bien que cette petite charrette que je tire ne trimballera plus que de quoi semer ou nous envelopper. Je lui dis tu crois que c'est comme la clope ou le coca, un truc qui pique les 2 premières semaines, et qu'après pouf tu te demandes même comment c'était dans ta vie? Il se moque un peu, mais je crois qu'il comprend que là c'est vraiment une chouette et grande marche qui me semblait interdite jusqu'à peu que je grimpe. 

Je rentre d'une de mes sorties bâtons aux bras un peu chancelante, pleine de pensées neuves et d'un réservoir de confiance en ce corps-machine un peu plus rempli. J'avais vraiment besoin de me sentir fonctionner -à peu près- correctement et je crois que j'ai trouvé mon remède. Arrêter tout produit laitier, tant qu'on n'a pas inventé le Mont d'or au lait végétal, bof (désolée médecin chinois), mais m'aventurer sur les chemins alentours moufles et bâtons aux mains, toute de polaire vêtue, oui! J'adore le côté berçant de ces mouvements qui s'enchaînent, je passe de la contemplation des oiseaux qui s'organisent à celle des chevaux. Je pense, mais pas trop. Quand je rentre je lance vite le riz et les lentilles en vue du parmentier de brocolis prévu (inédit ici!), et je file dans un bain à la fleur d'oranger. Auto-ordonnance très joyeusement suivie!
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La journée du 1er fut une journée de parfait augure. Le soir, chuchotant dans ma tête mes merci à tout ce qui m'avait rendue heureuse, la liste semblait ne plus s'arrêter. Déjà, et rien que ce fait là aurait suffit, une grasse matinée. Je suis descendue accueillie par des maman et la bouilloire qui chantait. Je n'avais pas pensé à regarder l'heure mais la radio s'est chargée de m'annoncer la bonne nouvelle... 11h passées! Ecrire plus d'une ligne sur un fait aussi banal c'est peut-être déraisonnable, mais en réfléchissant ça n'était pas arrivé depuis la naissance de Pépin, entre ce que je m'autorise et la vie tout court... Bref, J O I E! La suite ce fut toute la journée parés de nos pyjamas l'élan pour prendre -enfin- ce salon, aidés de nos 2 petits commis. Après la sous-couche il était temps de manger les restes de la veille, en faisant semblant de ne pas remarquer qu'il aurait plutôt été l'heure d'un goûter. 

La soirée de la veille était presque une 1ère fois aussi, un début tous les quatre puis après un petit rab d'histoires, en amoureux. Ce mot un peu dilué dans le quotidien a repris sens, rires et cocktails aidant. Le feu chauffait plus les joues que d'habitude et perdus dans notre forêt je nous sentais agréablement seuls au monde. Maintenant qu'on avait franchi un pas dans l'attirail d'adulte en découvrant qu'on aimait les huitres notre menu était tout trouvé, et des frites maison aussi, "pour nous porter chance"! On a fait de la place pour tous les mots d'habitude ravalés, et d'un coup ça sonnait drôlement dégagé. 

Dans mon cahier (qui est censé s'appeler bullet journal mais je boycotte le concept, rebelle de 2 sous que je suis!) j'ai griffonné 17 bonheurs en 2017, parce que c'est plus inspirant que résolutions.  Dedans on y trouve du terre à terre qui fera malgré l'effet d'un oreiller confortable, des projets de chaussettes enlainées, de pensées à l'effet de caresses, un retour du projet de 52 photos de mes bibous parce que c'est trop gai de les voir grandir et d'en laisser une trace... Si j'osais il y aurait aussi des envies de création de modèle de tricot, et des exercices qui ressembleraient à la poésie... mais la charrue, les boeufs, tout ça... Et en plus de tout ça la promesse de faire la place à une sieste mensuelle, quel challenge! 

Merci pour vos voeux et très belle année!
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De ces journées qui rappellent qu'un jour à nouveau le printemps pointera son nez, et qui donnerait presque envie d'accélérer un peu le temps. Pourtant dieu sait que j'aime ces excuses toutes trouvées pour se fondre dans ma casanièrité et que la bouilloire n'ait jamais plus d'une heure de répit... Pépin lui aussi fait du thé maintenant, et en fait profiter n'importe quelle peluche ou poupée docile. Il y aurait beaucoup de post-it heureux à coller un peu partout, j'ai enfin pris le temps d'aménager notre coin-chambre, on y est à nouveau veillé par mes belles images. Là haut la peinture ce n'est vraiment pas pour tout de suite alors je m'y donne le droit d'y investir les murs même non-finis...

Mal rangés ces post-it joyeux me font juste avant le sommeil penser avec un sourire au futur potager, que je devrais sûrement être presque déjà en train de préparer. A ce futur bureau juste à côté de la maison, oh si j'avais oser rêver à cette vie là, partir au travail un gros gilet sur le dos et ma tasse du matin entre les mains. Ce pull bordeaux pour lui, bleu glacier pour lui, qui monte juste assez vite pour me tenir en haleine. Je mâchonne mes idées pour la nouvelle année, et je crois que cette fois encore on se grondera parce qu'il fera la grève des bonnes résolutions quand moi j'adore ces listes qui font rêver... 

Je n'ai plus de mots et mes mailles me manquent déjà, j'espère que les fêtes vous font l'effet d'une brioche chaude... (ici le christmas cake était parfait et les trifles m'ont emplie d'une douce nostalgie!). 
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Le voyage pourrait presque se résumer au périple en train tant ses yeux éclairés et son petit doigt pointé en font une aventure. Lui qui nomme et dénomme sans relâche ces derniers temps chante traintraintrain à s'en tourner la tête. La gare est au milieu de nulle part, on pourrait aussi bien être sur la lune, et ça sent le fumier. On est près de chez nous et dans une heure dans un autre monde, ça enlève le froid et les moufles pourtant ardemment tricotées oubliées. 

La vulnérabilité un peu à vif ce sont les marches bien trop hautes entre les gens, les extrêmes incohabitables -dans ce monde là en tout cas- que j'observe, les yeux plus ouverts que je ne le voudrais. De ces choses que je dépose la nuit dans le noir, sûrement pour ne pas les emmener dans le sommeil. Il s'y trouve déjà de drôles de compagnons, mon père qui s'allume une dernière cigarette, des joueurs de foot qui font la nounou (huuuum), un monsieur à qui je propose un dîner...

Heureusement on va dans une maison-refuge, chaude dans tout ce que ça a de douillet. On arrive chargés d'enfants et de gâteaux, et on repartira lestés d'autres douceurs. Le petit livre des histoires joyeuses est bien noirci d'un coup. Ce qui n'est pas facile et mes mots remâchés perdent d'un coup leurs épines, les petits miracles de l'amitié. La soupe est meilleure qu'à la maison, comme il se doit, et le thé jamais trop chaud même quand il est brûlant. Sur une carte mes mots cahin-caha racontent mon bonheur, mais ce sont bien les garçons et tous les gestes doux et enthousiastes qu'ils emportent sur leur passage qui l'incarnent le mieux.
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Le soir on entend des petits pas... un petit monsieur a envie qu'on lui court après, quand nous c'est plutôt les mailles, le rangement de la folie de la journée, un thé-carotte voire un verre d'amaretto qui nous fait rêver. On tâtonne, on se râle dessus l'un l'autre, c'est dur de faire équipe, un peu. Les soirées sont rétrécies et dedans il faut y caser les cadeaux de Noël sur aiguilles, les compte-rendus à rédiger, et la soupe à réchauffer. Moi j'aurai envie d'être au lit avec ce livre qui me permettrait d'avoir les yeux plus grand ouverts sur ce Pépin aux jambes qui ne veulent plus s'arrêter. Ce soir il sentira l'huile de coco après un massage à l'huile de magnésium, tâtonner, tâtonner et en même temps rester constante... ça me donne l'impression de sauter à cloche pieds et je m'endors parfois-souvent l'oreiller mouillé de doutes. 

Ces petites jambes anti-dodo sont quand même chouettes quand il s'agit de crapahuter en Alsace, de pointer chaque vélo qui passe (et il y en a!) ou chaque sapin. Odilon est en koala et réclame du jus de pomme chaud au épices... ce qui est de son corps ou du mien, dans la chaleur on ne sait plus trop, et évidemment c'est délicieux. Petites contenteries partout, à collectionner, ma voisine de formation qui me raconte qu'elle n'a pas toujours été cette femme libre que je lui dis voir, tu verras, toi aussi... Les mailles roses que j'emporte partout et qui, c'est sur!, seront terminées pour Noël et partiront outre-manche. Pour ma grand-mère, je crois que ce sera un nounours à l'air rétro comme il faut, dans cette laine qui me fait penser à de la glace aux marrons... A-t'on besoin d'autre chose quand on a un si long chemin derrière soi et la mémoire qui s'est semée entre temps.

Je réclame un feu à peine rentrée. Les cartons de décorations de Noël sont sortis, mais peu compatibles avec l'enduit ou les peintures à faire... je crois que ce sera pour les vacances, c'est une carotte pour avancer (en plus d'avoir vraiment envie de vivre dans une maison pas en carton...). Il y a le thé à la noisette et les chants de Noël (du plus chic au plus culcul!) et les "kilos" (mais à force on pourra enlever les guillemets!) de stollen. Scrupuleusement les petites cases s'ouvrent. La mienne, de ce calendrier pleins de thés qui vient d'Angleterre mais a un peu trop de thés pas douillets à mon goût, toute seule le matin, plus ou moins embrumée et au son des chouettes qui se racontent le jour qui arrive. Et les leurs, drôlement gai, les morceaux que Pépin partage avec nous ou Odilon, pour le plaisir de dire "tiens!" et se régaler de notre enthousiaste "merci!". Délices, quoi.
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