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 Petits poseurs assortis! 

Samedi fin d'après-midi, soir si l'on est honnête je rentre de travail-coursettes avec une impression de marathon dans les chevilles. Il y avait peut-être un rendez-vous ou deux de trop là dedans, moi qui aime tant travailler le samedi, cette fois-ci la magie n'avait pas opérée. C'est Pépin qui m'accueille avec un enthousiasme guérisseur, et une grande envie de raconter sa journée. Odilon dormait, Flanelle aussi cela va sans dire, et François faisait de l'enduit. Tout était bien dans le meilleur des mondes, en somme.  Sur le calendrier des menus, suivi avec enthousiasme, c'était tatin de poireaux et tiramisu libanais. Alors, hop, au travail. Un thé, quelques chichi dans un bol (mes racines anglo-saxonnes sont à blâmer, certainement). Pépin s'est installé debout sur le banc qui entoure le plan de travail, exactement comme on l'avait imaginé-rêvé le jour où on a décidé que la cuisine serait comme ça. Lui aussi a sa planche et son couteau, et on coupe les poireaux avec enthousiasme. A la radio ça a l'air intéressant, mais moins que ce que Pépin a à raconter, des histoires un peu mystérieuses qui demandent une danse subtile entre encouragement et étayage. La pâte est prête et la cuisine sent le curry. Un bonhomme ébouriffé aux joues rouges nous rejoint bientôt, il sent bon le sommeil et le moelleux. On en est aux pistaches pour le tiramisu, et là une cuillère chacun et de quoi transvaser et c'est vite mi un chantierpaspossible mi un gai atelier. 

Le soir le pull qui m'occupe depuis quelques jours gagne une manche et pour le lendemain on fait sur le canapé-radeau des projets de peinture de futur lit de grand et de marche qui donneront forcément les joues rouges. Dans le cahier bleu qui me suit partout je raconte mi honteuse mi fière ces paniers virtuels pas validés. J'ai l'impression qu'à la fin du mois ça fera une sacrée somme ces envies qui disparaissent aussi vite qu'elles sont venues. Une fois cette épine honteuse du pied enlevée, je crois bien que cette petite charrette que je tire ne trimballera plus que de quoi semer ou nous envelopper. Je lui dis tu crois que c'est comme la clope ou le coca, un truc qui pique les 2 premières semaines, et qu'après pouf tu te demandes même comment c'était dans ta vie? Il se moque un peu, mais je crois qu'il comprend que là c'est vraiment une chouette et grande marche qui me semblait interdite jusqu'à peu que je grimpe. 

Je rentre d'une de mes sorties bâtons aux bras un peu chancelante, pleine de pensées neuves et d'un réservoir de confiance en ce corps-machine un peu plus rempli. J'avais vraiment besoin de me sentir fonctionner -à peu près- correctement et je crois que j'ai trouvé mon remède. Arrêter tout produit laitier, tant qu'on n'a pas inventé le Mont d'or au lait végétal, bof (désolée médecin chinois), mais m'aventurer sur les chemins alentours moufles et bâtons aux mains, toute de polaire vêtue, oui! J'adore le côté berçant de ces mouvements qui s'enchaînent, je passe de la contemplation des oiseaux qui s'organisent à celle des chevaux. Je pense, mais pas trop. Quand je rentre je lance vite le riz et les lentilles en vue du parmentier de brocolis prévu (inédit ici!), et je file dans un bain à la fleur d'oranger. Auto-ordonnance très joyeusement suivie!
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