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Samedi matin pré-travail dans lequel je m'autorise un rang de tricot, pas très raisonnable mais le thé est trop chaud et à la radio ce qu'ils racontent m'intéresse. Ces rangs de dentelle sont  plutôt du genre hypnotique, et la couleur de la laine façon miel chaud incite à ne pas le lâcher.  J'oublie de regarder le menu du soir en partant et dans la voiture je regrette, c'est une des petites pensées-doudou à emmener avec moi pourtant, aussi infime puisse-t'elle paraître. Peut-être soupe et cheddar scones? Mais ça c'est pas demain plutôt? Dans le four pour eux -mais j'espère qu'il en restera quand même quand je rentrerai!- il y a une tarte aux pommes, des golden poussées pas loin dont je garde les pépins comme des trésors. Je les ai rapées, et j'y ai ajouté de la poudre d'amandes, les épices qu'on préfère, du citron et surtout des noisettes*du*jardin, que ça me rend tellement heureuse de dire ça. 

J'avais rendez-vous avec le yoga pour la première fois cette semaine et quand je suis rentrée dans la pièce c'est comme si j'avais déjà cette douce et chaude odeur en tête. Il y avait un monsieur barbu, très souple, un poêle qui aurait appelé un chat et une couverture. J'ai très vite eu les joues rouges, de corps qui marche et de plaisir d'être là, de ce temps uniquement voué à me faire du bien. Il y a eu ce moment merveilleux sous mon plaid d'écosse, à méditer accompagnée par la voix du barbu, claire et dense. J'avais bu beaucoup trop de thé avant de venir (à la noisette, ceci explique cela) et du coup j'ai testé les toilettes -sèches- avec curiosité. C'était dans un grenier dans lequel des grandes tables étaient recouvertes d'herbes et de fleurs qui séchaient, l'odeur de nuit et d'un peu de mystère était là aussi.

Il y eu une journée brouillard, nuit d'avant un peu trop hantée et malgré la valériane et ma plus jolie robe j'étais grise un peu, je crois. Quand je suis rentrée de ma matinée-sérieuse les gars étaient au boulot dans le futur cabinet. Je me suis dit mince j'ai pas préparé de cookies. Pendant que les garçons jouaient avec le ciment frais (sic), on a discuté de l'aménagement de ce grand rectangle là. Eux, ils étaient pas trop partants pour cette idée de toilettes sèches qui a commencé à germer dans mon esprit, conquise que j'ai été. Vous vous voyez vraiment vider le seau? Non, non, moi je vous mets quand même le tuyau (comprendre pour de vraies toilettes), le temps que vous réfléchissiez... On a fait plein de traits au sol, et j'espérais ne pas avoir l'air chiante mais on a un peu tâtonné pour caser tout ça, moi je ne suis pas bonne pour imaginer des pièces alors qu'au sol c'est encore de la terre battue. Mais en me couchant j'ai pensé aux fauteuils dans lesquels les discussions seront sûrement plus faciles, à mon coin bouilloire et aux plantes qui seraient bien heureuses derrière la fenêtre. Et aussi à ce que je pourrai leur cuisiner lundi, quand ils reviendront, pour me "rattraper"...

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