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Et aujourd'hui Odilon a 1 an! Je vais adorer ce mois d'octobre qui saute de gâteau en baisers spéciaux et de bonne nuit qui chuchotent demain c'est ton anniversaire! Odilon c'est un bébé bulle de savon, tout est chez lui rond et délicieux comme un chausson aux pommes qui sortirait à peine du four. Il est rond et toujours chaud, surtout dans le cou, là où mon nez resterait bien collé pour toujours. 

Ce bébé-pointe-des-pieds, qui nous a transformé en famille. En eux et en nous, parents. En eux deux et nous deux, parce qu'on est encore un peu kangourou, ventre à ventre à regarder le monde depuis notre bulle. Lui a mis du temps à atterrir et on le voit encore souvent le nez en l'air, à trouver les oiseaux et les feuilles des arbres bien plus passionnantes que ce qui se passe ici bas. C'est l'enfant des bois, les mains dans les escargots et les feuilles, souvent une chaussette en moins et de la terre dans le nez (ou la bouche). Il regarde, beaucoup, beaucoup. Il invente des blagues et trouve des moyens pétillants de nous les faire faire, son rire qui vient du fond de la terre est le plus efficace. 

Il aime les grimaces et faire bravo. Il se réveille souvent en criant aboi et souvent cocore à la fin de l'énième biberon de la journée. C'est souvent sur nos genoux qu'il mange, souvent des lentilles ou du riz, mais jamais du fromage. Il a 8 dents et quelques bouclettes. Il me manque parfois la nuit, mais dort mieux dans son lit, ses petites pattes en grenouille sous lui comme le plus mignon des bébés. C'est un viking aux airs de danseuse, un bébé absolument inclassable. Bon puis il se réveille tellement souvent la nuit que...!

C'est un bébé surprise qui nous fait souvent soupirer tu imagines s'il n'avait pas pointé le bout de son nez? d'un air qui dit que la vie serait drôlement moins jolie. Lui il agite ses doigts de pieds et j'espère qu‘il se trouve bien tombé aussi. 1 an de joues dorées et de quatre pattes dandinant. Ils auront trouvé un honey cake dans le four et ce soir le bain sera sûrement plus long que d'habitude... 
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Et du saumon, et du mohair, et des caissons de cuisine partout, même certains avec des tiroirs qui ne s'ouvrent pas tout bien, que c'est quand même énervant. Le poêle est là mais il y aurait peut-être un souci, parfois ça marche, et parfois non. Et c'est un peu énervant. On a pris des petits déjeuners qui nous félicitaient de la petite journée de travail qui avait déjà eu lieu, et au bout de 2 jours que ma tante était là il a fallu ouvrir un nouveau pot de confiture de mirabelles. On a mangé 2 jours de suite la même chose, mais c'était parce que c'était des moules avec des frites, et on a bien bien parce que la 2ème fois mon bouillon était drôlement meilleur, de ceux dans lequel on trempe un morceau de baguette dedans, à la fin. Je fais un 2ème doudou à Pépin et à chaque qu'il passe à côté de moi il se frotte le nez dans les pelotes. 

Aujourd'hui ça n'était pas très marrant de partir au travail en laissant ces rires à la maison, même avec un poêle branlant et des assiettes sales dans l'évier. J'ai en tête la salamandre d'hier soir et les comptines qu'elle leur a chanté dans la voiture. Nos discussions sur l'école à la maison et le bourgogne aligoté. J'ai pris dans mon sac la tisane au curcuma qu'elle m'a ramené, et du pain à la confiture, pour faire durer. Dans son sac à elle, un pot de confiture dorée et des herbes du jardin. J'adore cette maison et cette vie qui fait des cadeaux. Les maisons dont on repart les valises chargées, comme les souvenirs chez les mamies le dimanche. 

Ce soir il me faudra commencer les valises et bloquer le châle pour l'amie. Il faudrait vraiment qu'on mange une soupe pour compenser ces journées de croissants et de glasgow scones. J'espère qu'il aura avancé dans les caissons, et pas découvert une embuche insoupçonnée. Je sais aussi qu'il aura préparé la bouilloire, et c'est bien ce qui compte, ça et les joues dodues qui attendront mes baisers. 
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(ça c'était le bain d'hier soir!)

Et un jour il a 2 ans! Et un jour il sait lire, et il cuisine son 1er gâteau, fait ses lacets et fait du stop, c'est ça? C'est donc vrai ce qu'on dit... 

Depuis qu'il est né, on n'en est jamais revenu que les lendemains sont de plus en plus gais. On s'est souvent dit il pourrait ne plus jamais changer ce serait parfait, et le lendemain il y a toujours une nouvelle trouvaille qui étire d'autant nos sourires. Vivre avec un Pépin comme lui depuis 2 ans c'est donc un tour de manège permanent, un qui tournerait pas trop vite et ne ferait pas tourner la tête, un qui laisserait déguster sa barbe à papa grain de sucre par grain de sucre...

Il aime plus que tout les bananes, les livres et la perceuse de son papa. Il dit un nouveau mot par heure, et même MERCI après un bout de chocolat aujourd'hui, quel cadeau! Quand je lui donne quelque chose à manger il m'en demande toujours un autre morceau pour son frère, ce qui rend vraiment chamallow. Quand ce dernier pleure il lui amène toujours son doudou ou un biberon, et sait aussi très bien lui tirer les cheveux s'il faut (selon son sens de la justice). Il a les cheveux longs mais commence à les mettre derrière ses oreilles dans un geste qu'il faudrait broder tant il est adorable. Il ne dîne parfois que d'un énorme bol de flocons d'avoine, ou de tartiiiii de miel. Il donne sa viande à Flanelle, ce qui me rappelle quelqu'un.

Ce bébé c'est la laine et du velours. C'est de la crème et des châtaignes. Des cloches qui sonnent et des comptines. Tout ce qu'il aime est gai, son opiniâtreté est un heureux présage, et sa créativité bouche bée-ifiante rend le quotidien vraiment gai. 

C'était tellement chouette d'accoucher de lui, ce long tête à tête dans la nuit, ma danse et ses pirouettes. Cette alchimie qui s'est tissée pendant cet entre-deux, qu'on retrouve aux baisers du soir ou du petit matin, était la meilleure piste pour se lancer dans cette aventure avec lui. J'aime avec quelle façon douce il nous a amené sur le chemin de cette parentalité ci, celle qu'on espère le plus sur mesure possible, à la fois intuitive et inspirée. 

Ce jour d'anniversaire, c'est dommage, est une grosse journée au travail pour moi. J'ai déplacé des rendez-vous de fin de semaine pour avoir mon samedi, comme Belinda ma tante d'écosse arrive demain. On fera une journée d'anniversaire décalée, avec des birthday buns au petit déjeuner et un long tour de vélo qui nous donnera les joues rouges. Je suis en retard pour commencer un doudou bis, dans un joli mohair moutarde et épinard, mais il sera prêt pour la fête aux gâteaux à étages, à la fin du mois, après la mer et l'arrivée de sa marraine. Ce mois d'octobre c'est un long cadeau à déballer. Comme la vie à ses côtés, finalement. 
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Un poulet au citron le dimanche, qu'on finira en pie tout à l'heure. Samedi je rentre frigorifiée de ma petite journée de travail, il a vidé la baignoire de sa vaisselle (sic!) en se disant que j'aimerais peut-être prendre un bain en rentrant, et je souris jusqu'aux oreilles de cette parfaite idée. J'y suis quelques minutes plus tard, avec un chocolat chaud entre les mains, entourées des 3 garçons qui soufflent eux aussi sur leurs tasses (ou y plongent les mains selon l'âge!). Des sessions de carrelage enthousiastes, on fait un sac de colle par jour jusqu'à ce qu'on ait fini! je pensais que ce serait hier mais mon optimisme tient parfois plus de la rêverie... Les carreaux de ciment sont très jolis et le carrelage en forme de parquet est gratifiant avec ses grands carreaux qui font vite des rangées. Ce qui nous prend le plus de temps c'est peut-être plutôt de détourner l'attention des bébés pour ne pas qu'ils se jettent sur les carreaux fraîchement posés, et la grève de la sieste qui s'opère depuis quelques jours (semaines??) n'est pas de notre côté. En attendant que ça sèche on va se promener, saluer un gros tilleul et jouer aux dimanches qui pourraient ne pas avoir de fin. 
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A nouveau la vie dans laquelle il ne s'agit plus de tricoter 7h par jour... (écrit comme ça, ça pincerait presque le coeur, hein!). Octobre et rien que des plaisirs à inscrire sur le calendrier, si la pochette de mauvaises surprises est bien vide, cette fois-ci. 

Mes oreilles sont peut-être moins sourdes à présent, le rêve d'invincibilité est mieux digéré et j'ai entendu qu'il me fallait coudre le corps et l'esprit. Sur un fauteuil dont je ne me souviens même pas s'il était confortable je raconte, dans le désordre, l'hier qui m'amène à l'aujourd'hui. C'est un rendez-vous qui sonne comme une étoile de berger, j'y vais tendue comme à l'entretien du job de ma vie. Je lui raconte les symptômes et il me répond foie, corps en colère, protéines et pouls en fil de soie. Moi j'ai l'impression d'avoir régressé, quand pour lui il faut entendre des portes s'ouvrir. Mes rêves semblent sortir d'un manuel d'auto-analyse vendu dans une gare de province, des histoires de non jamais prononcé, de regrets confessés dans la honte. 

Je trouve sous le lilas un endroit où je peux téléphoner et avec une amie on se raconte ces idées qu'on se met en tête et qui nous épuise sûrement un peu pour rien. Se ronger les ongles intérieurement, c'est ça l'image qui me vient quand elle me dit ne pas aimer recevoir des gens à dîner de peur qu'ils ne trouvent pas ça assez bien, ou quand je lui raconte ne pas oser dire à un infirmier qu'il me fait mal ou que je me sens obligée de laisser plusieurs personnes devant moi à la caisse de peur de... gêner? ne pas paraître sympa? être appréciée voire aimée?! Oh le bouquin de psycho grand public, encore. Je lui propose un stage d'affirmation de soi en duo pour les prochaines vacances et on en rit, mais quand même...

Enfin c'est sous le coude tout ça, ça remonte dans le bain, quand c'est presque l'heure d'aller se coucher mais qu'on fait durer cet entre-deux tamisé, avec un fond de tisane plus très chaud et les miettes d'une tarte, ou un tricot pour les amies. Il me raconte comment c'est de son côté, tout ça, et c'est une bouffée d'air à l'effet feuille de menthe. 

La tarte, c'était une Ecclefechan tart, i've been there!, m'écrit ma tante tout bientôt là quand fière je lui envoie la photo de notre petit déjeuner en forme d'ode aux feuilles mortes. Et nous on rêve de ferry pour faire le voyage inverse et se gorger et vert et de Rrr qui roucoulent doucement... En attendant c'est cette tarte aux figues, amandes et raisins à la pâte au whisky et haddock et oeufs mollets dans les assiettes, plus tard, quand on a bien travaillé dans ce futur salon...
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Oui oui je vais bien, mais oui oui je suis aussi dans ce genre d'endroit où à 6h30 on vous propose une carafe d'eau (-oh comme ça tombe bien dans mon rêve j'avais soif-) et à 11h15 un plateau repas qui me rendrait nostalgique des sessions resto u les jours de grandes révisions, ceux où l'on maudit les médecines qui réservent leurs places à la BU dès son ouverture. Certes j'ai mon tricot, et donc mal aux mains et à chaque rang coché l'angoisse de le terminer avant ma sortie augmente.  

Je vais bien et je raconte en riant ces gens aux urgences que, même en tentant d'ouvrir bien grands les yeux sur le monde, on n'imaginerait exister que dans une bd absurde. De traviole, on l'était tous un peu dans ce dimanche-bulle. Il faut creuser pour se faire des coussins d'humanité qui servent à rappeler que ça ne durera pas, qu'il y a un dehors et qu'il est tout proche. C'est rhabiller une mamie qui a froid (j'ai 95 ans, même moi je n'y crois pas), c'est Pépin qui amène un biscuit à une dame dans un fauteuil, c'est un verre d'eau pour un jeune qui s'énerve. Moi je suis rouge, je ressemble à un crapaud fluorescent et je crierai bien bon sang quand je vous disais que ce médoc c'est du poison! tout en sachant que j'exagérerai peut-être un peu. Mais qu'il me gâche la vie, ça... 

J'étais venue avec un tricot dans le sac, au cas où, et même l'agenda pour prévenir les patients du lendemain, au cas où même si ça m'étonnerait. Pourtant à minuit j'étais dans une chambre ("seule", cte luxe) dans un service où on me promet que mais non, ma peau ne va pas partir en charpie et se décoller entièrement tout d'un coup, argument choc aux urgences quand au bout de 10 heures j'ai émis le souhait de partir. La journée passe vite entre les heures au téléphone avec les anges gardiennes et celles qui viennent prendre ma température (?!), que je retiens je l'entends bien un peu plus qu'il ne faudrait avec mes mots. Je regrette presque de ne pas fumer pour discuter autour de la poubelle, en bas. Et l'hôpital, je le dis tout bas à une amie à l'aube, c'est tellement ces 12 jours dans notre bulle avec mon père, juste avant... Je devrais attendre le médecin toute la journée mais c'est bien les bébés que je guette par la fenêtre dès qu'il me dit Odilon a fini sa loooongue sieste, on part! Je ressens le manque physiquement, eux que j'ai quittés il y a moins de 24h, mais ce qui n'arrive jamais, famille collé-serré que nous sommes. Arrivés et reniflés, ils me mettent des miettes dans le lit que je tripoterai plus tard comme des grigris et d'un coup le récit de la biopsie un peu boucherie et beaucoup moins important qu'une comptine à 4 voix ou qu'un jeu dans l'ascenseur. 

Oh les montagnes russes, je sais que vous êtes là pour me rappeler comme la vie est vivante, mais je me sens parfois un peu haletante sur le bord de la route. Demain il paraît que je reverrai ma maison et que je pourrai aller ramasser les noisettes qui doivent pour l'instant faire le délice des oiseaux et des écureuils. Le saumon sera encore frais, demain soir si la soupe est encore bonne elle sera suivie de scones écossais. Presque avec acharnement, je remets en place les pièces du puzzle. J'ai lu ce soir d'une écriture chaleureusement familière que le verre était toujours à moitié plein. Je suis sûre qu'avec une tasse de thé c'est aussi vrai. 
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Natures mortes du quotidien, exactement. Graines de courge à sécher, après la soupe, une fois les bébés couchés. On n'entend plus personne, c'est une sorte de vie d'un autre temps. Pour lui la cigarette moi la tisane (d'orties!). J'enlève consciencieusement les graines du centre du butternut. les tas pour le jardin, celles pour le travail et les exercices qu'on inventera avec. 

Le samedi matin un couinement me réveille 26 minutes avant l'heure officielle. Dehors c'est drôlement brumeux et c'est une vue qui ne s'était jamais montrée ici. On voit un tout petit peu le rosier jaune (et rose, la bonne surprise!) qui ne semble pas deviner que bientôt l'été sera loin. Les pétales finissent souvent dans la gamelle du chien, grâce à un petit magicien et ses potions magiques. On a la lumière en bas depuis quelques jours mais je n'ai plus l'habitude, alors comme les autres matins je tâtonne. Sur la route je suis seule et c'est presque mon moment préféré de la journée de travail. Quelquefois un cadeau, un chat qui lui aussi se croit seul au seul dans un champ ou un jardin, et les jours spéciaux un renard. Pendant ces 12 trop courts kilomètres je saute d'une pensée à une autre. Je pense à sa journée de travail à lui, j'espère que le mur de l'entrée avancera, que les bébés aimeront le potimarron au laurier qui les attendent dans le four... Penser aux recettes et aux mailles à venir me fait l'effet d'une main encourageante sur chaque épaule alors j'en use volontiers, et les feuilles mortes bien présentes maintenant m'autorisent à imaginer toutes les soupes et les gilets possible. 

Au bureau se glisse une goutte d'huile essentielle de bergamote dans l'earl grey, pléonasme au goût parfait, qui fait s'agiter les petits nez qui défilent devant moi. Le trajet du retour se fait drôlement plus vite, les bébés à l'effet de carottes qui m'attendent me font oublier de regarder le paysage. Parfois Pépin entend la voiture arriver et s'il n'est pas trop occupé (planter des vis, demander une tartine, mettre beaucoup d'eau dans un tout petit flacon...) il vient m'accueillir et me raconter sa journée. J'ai hâte qu'il me rende mes bisous, mais déjà maintenant quand on se promène main dans la main lui aussi me la caresse, ce qui pfiou est larmes-aux-yeuxant à souhait!
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