A nouveau la vie dans laquelle il ne s'agit plus de tricoter 7h par jour... (écrit comme ça, ça pincerait presque le coeur, hein!). Octobre et rien que des plaisirs à inscrire sur le calendrier, si la pochette de mauvaises surprises est bien vide, cette fois-ci.
Mes oreilles sont peut-être moins sourdes à présent, le rêve d'invincibilité est mieux digéré et j'ai entendu qu'il me fallait coudre le corps et l'esprit. Sur un fauteuil dont je ne me souviens même pas s'il était confortable je raconte, dans le désordre, l'hier qui m'amène à l'aujourd'hui. C'est un rendez-vous qui sonne comme une étoile de berger, j'y vais tendue comme à l'entretien du job de ma vie. Je lui raconte les symptômes et il me répond foie, corps en colère, protéines et pouls en fil de soie. Moi j'ai l'impression d'avoir régressé, quand pour lui il faut entendre des portes s'ouvrir. Mes rêves semblent sortir d'un manuel d'auto-analyse vendu dans une gare de province, des histoires de non jamais prononcé, de regrets confessés dans la honte.
Je trouve sous le lilas un endroit où je peux téléphoner et avec une amie on se raconte ces idées qu'on se met en tête et qui nous épuise sûrement un peu pour rien. Se ronger les ongles intérieurement, c'est ça l'image qui me vient quand elle me dit ne pas aimer recevoir des gens à dîner de peur qu'ils ne trouvent pas ça assez bien, ou quand je lui raconte ne pas oser dire à un infirmier qu'il me fait mal ou que je me sens obligée de laisser plusieurs personnes devant moi à la caisse de peur de... gêner? ne pas paraître sympa? être appréciée voire aimée?! Oh le bouquin de psycho grand public, encore. Je lui propose un stage d'affirmation de soi en duo pour les prochaines vacances et on en rit, mais quand même...
Enfin c'est sous le coude tout ça, ça remonte dans le bain, quand c'est presque l'heure d'aller se coucher mais qu'on fait durer cet entre-deux tamisé, avec un fond de tisane plus très chaud et les miettes d'une tarte, ou un tricot pour les amies. Il me raconte comment c'est de son côté, tout ça, et c'est une bouffée d'air à l'effet feuille de menthe.
La tarte, c'était une Ecclefechan tart, i've been there!, m'écrit ma tante tout bientôt là quand fière je lui envoie la photo de notre petit déjeuner en forme d'ode aux feuilles mortes. Et nous on rêve de ferry pour faire le voyage inverse et se gorger et vert et de Rrr qui roucoulent doucement... En attendant c'est cette tarte aux figues, amandes et raisins à la pâte au whisky et haddock et oeufs mollets dans les assiettes, plus tard, quand on a bien travaillé dans ce futur salon...




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