Des livres de recettes de gâteaux à étages qui appellent des thés fumants. Un matin, alors que je guette les écureuils qui se font un peu trop discrets à mon goût avec mon milky oolong au caramel au beurre salé (puristes s'abstenir?!) je fais une liste de plaisirs pour dimanche en solitaire... Ça n'est pour l'instant jamais arrivé et sans savoir s'il aura lieu (le courage/la fidélité et autres dilemmes) de traviole je note qu'il me faudrait traiter les framboisiers, avancer sur ce tricot bleu si agréable à faire grandir, bleu nordique qui me donne envie d'automne et de journées rythmées par la compagnie du poêle à bois, une pâte levant dans son four bien sûr. Je me fais gronder, tu vas chasser le soleil à rêver de soupes de citrouille!, mais les feuilles mortes sont quand même déjà un peu là, et le soir il nous faut vite rentrer après la dernière tartine, de froid et de peur de marcher sur un crapaud qu'on ne verrait pas dans la nuit noire... Je commande d'ailleurs même un livre pour Noëlifier la maison et j'attends avec excitation la sortie de celui des Xmas receipes de Jamie Oliver. C'est une histoire de se tenir chaud, aussi... Sur un cahier les projets prévus avec les mains pour faire plaisir dans les mois à venir.
Sur ma table de nuit un pilulier, -mais non c'est pas que pour les vieux! m'a t'on dit-, et une notice que je me retiens de lire pour ne pas tout à fait devenir folle. N'empêche qu'au bout de quelques jours je dois bien remarquer les maux de tête, les nausées, les mots qui s'échappent un peu plus que prévu et autres joyeusetés qui me susurrent, c'est un peu vrai, que ta vie n'est plus tout à fait comme avant. Si je lis l'ordonnance c'est 1/2 pendant 4 jours, 1 pendant 4 autres, puis 1,5 (pour quoi, toujours??), mais j'ai du mal à passer cette dernière étape. François dit que je filoute, d'autres que ça n'est pas raisonnable, et moi je vois toutes les petites choses au quotidien qui pourraient drôlement compenser ces 400mg qui sont censé me manquer. Et si je rajoute trois de cette plante aux "mêmes effets" (la neurologue s'étranglerait) franchement... Ou peut-être que je vais finir par le prendre, ce demi-cachet, que c'est une histoire de déni... Mais j'aimerai tant arriver au prochain rendez-vous (l'année prochaine, l'hôpital et ses suivis "de près"...) en disant oh oui je n'ai pas tout pris mais voyez ça s'est tout bien passé, je n'en ai pas tant besoin, hein? Et là la petite voix -et François- me disent en ricanant non mais tu y crois vraiment? Et les amies-chères avec qui j'en parle, et quelques jours plus tard je prends finalement cette moitié en plus. (Et les nouveaux effets secondaires d'arriver...bref)
La tarte aux prunes est merveilleuse et son crumble avec sa pointe de sel (re)donne le sourire. Et tant mieux car ce dimanche était finalement paniqué et mouillé de larmes. Au dernier moment, un peu mélodramatiquement peut-être bien, je lui dis que ça ne sera pas possible. Les voir s'éloigner, mes trois-à-moi c'était du verre qui coupe. Je n'y arriverai pas! hoquète-je. Les bébés étaient installés dans la voiture et le sac était prêt, je lui dis "on part se promener pour me faire rattraper? Attends j'enlève mes bottes!". La campagne était verte et vallonnée, les vaches avaient le museau mouillé et les chevaux des crinières dorées. On est rentré avec 10 kilos de fruits dans le coffre et des bébés cernés mais souriant et gazouillant. Ils sont partis jouer au ballon ou à la brouette dans le jardin, Odilon les suivant à quatre pattes aussi vite qu'il pouvait... Moi je pétrissais ma pâte sur la table de traviole, sur la terrasse brinquebalante en regardant ce monde là. Parfaitement assortis, entre nous et avec l'environnement qui est maintenant le nôtre. Aussi rempli de pissenlits et de mots brouillés soit-il...!









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