Pépin et ma tante, en promenade dans le chemin au bout de *notre maison*
Des jours adorables-merveilleux-lumineux, donc. On a beaucoup entendu des rires de bébé/petit garçon, des chansons aux R roulés, et les histoires rocambolesques de ma tante. J'ai regardé mes garçons se faire des souvenirs rien qu'à eux, portés et embrassés par ce bout de leur famille. On a mangé tard, pique-niqué franco-écossais, beaucoup. J'ai inventé une salade au chorizo et à la courgette drôlement bonne, enfin testé cette tarte tatin au chèvre et à l'oignon qui me faisait de l'oeil depuis longtemps (avec une pâte à l'estragon en bonus). Grâce à ces bras en plus le jardin a retrouvé un aspect moins sauvage, j'y ai même découvert un 2ème noisetier, la bonne surprise! Nous ça a avancé cahin-caha... (Les wc suspendus sont assez imprévisibles en terme de complications pré-pose!). Pépin est allé mettre les pieds dans la rivière au bout du jardin, Odilon a dormi sous un sapin dans les odeurs de chèvrefeuille et presque réveillé par les oiseaux qui ont drôlement de choses à se dire. Je les regarde s'aimer si facilement, sur une couverture dans le jardin, Pépin sur les épaules de Colin dans un chemin, Odilon qui endormi dans la voiture tient la main de Belinda. C'est très facile, et je suis si heureuse d'ainsi réactualiser le sens du mot famille.
Le dernier soir, ils nous font un Eton mess du tonnerre et j'apprends que mon arrière grand-mère Janet, que je n'ai jamais connue, concevait et vendait des patrons de Fair Isle. Je goûte cette mémoire inconsciente qui dessine les chemins que j'essaie dans la vie, ces mailles qui sonnaient un peu comme un cheveu sur la soupe mais présentes un peu plus haut dans l'arbre familial qui à la fois me fait de l'ombre et me protège.
Le lendemain de leur départ j'étais triste à souhait, et bêtement j'ai mis quelques minutes à faire le lien. Je lui dis assez souvent en ce moment arrête d'être pessimiste! Et ce soir on aura pu m'entendre dire tu ne te dis jamais qu'on est peut-être incompatible? Peut-être que mon côté chien fou s'équilibre à ses côtés, mais parfois je voudrais lui prêter de ces paillettes que j'ai en tête. Les bébés retournent après cette parenthèse enlacée chez la nounou pour les presque dernières fois, l'après s'annonce complètement collés, oh bonheur. Nous on arpente les allées de notre deuxième-maison-magasin de bricolage. Sur la liste on peut lire scie circulaire, embout machin, mousse poly. Pour rêver un peu à la suite, l'après "gros oeuvre" indispensable, on choisit également la peinture de l'escalier, vert et bleu, je crois que ce sera joli. Comme pour les prénoms des bébés, l'achat de la maison, ou ce qu'on mange en général le soir on se met d'accord en deux mots et quelques secondes. Mais oui, c'est vrai que les choses s'imbriquent!

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