Des tricots de bébé finis et d'un coup l'envie de centaines de mailles qui font s'agiter les mains mais pas la tête, rien que pour moi, oui oui. Un peu mal aux mains à la fin de ces longues sessions durant lesquelles les rangs s'enchaînent, entrecoupées de lectures de livres que Pépin m'amène, ou de baisers au grand ou aux petits. Temps plein de moi, comme ces moments, un peu ridicules, en pyjama par terre dans le salon, où je m'agite pour dire à mon corps oui c'est vrai, on est à nouveau tous les deux et lui redonner forme plus mienne. Ça fait beaucoup rire les bébés et Pépin essaie de faire pareil...Il n'y a pas meilleur encouragement!
Les discussions dans la cuisine, pieds nus, un biberon, une cuillère en bois ou une tasse trop chaude entre les mains. Les bébés vivent leur vie tout près de nous, que ce soit empiler des verres, accrocher les wagons d'un train ou enlever ses chaussettes pour mieux se manger les doigts de pieds. Moi si je ne tricote pas je me tripote la frange, dans un geste qui me vient de mon père. On parle de nous, du sur-mesure à recadrer, de comment faire pour que la route ne soit pas fausse. Il me dit je ne suis nulle part et ça me touche qu'il ose être si franc avec lui-même, et avec nous du coup. On prend une décision pour la suite, qui d'un coup rend nos sourires plus sincères. On fête cette libération avec notre plat fétiche, le plat princeps qu'il m'a fait lorsque je suis allée manger chez lui pour la 1ère fois (le lendemain de notre rencontre, fusionnels dès la 1ère minute...). On savoure le temps léger retrouvé, on va se promener dans des endroits inconnus et vert à souhait, où le lilas sent presque aussi bon que dans le jardin. On se fait une centaine de câlins, il me dit merci dans l'oreille, je dis quelque chose comme merci toi-même! L'avenir devrait peut-être nous paraître plus flou, mais il nous semble d'un coup bien plus lumineux. La magie des mains entrelacées...

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