Pages

.















Je n'ai pas vraiment les mots, dirait-on! Je les devine maladroits, coincés entre deux pensées, alors je ne les officialise pas ici... Puis c'est aussi que j'échange tellement avec les amies, en ce moment, que j'aurai l'impression de dénaturer ces échanges-cadeau, les diluer un peu... C'est presque qu'un minute par minute, tiens regarde ce que fait Pépin, tu ne devineras jamais ce qu'il m'a dit, ce soir on mange ci ou ça... Une petite vie en communauté à distance qui est plus chaleureuse qu'une bouillotte! Je ne souhaite pas trahir ce fidèle carnet non plus, et bien sûr que je redige mentalement, à un feu rouge, en mâchonnant un morceau de pain durant quelques micro-pauses... On dirait que j'anticipe une vie pas très connectée, plutôt. Je suis retournée sur instagram, "pour occuper les tétées" (hihi!) mais l'enthousiasme du début n'est plus là. On dirait que j'ai envie d'une vie qui laisse des traces, mais c'est un peu pompeux non? Puis j'ai eu quelques expériences piquantes, des enthousiasmes avortés, sur les blogs etc, et d'un coup j'ai envie que ces portes ne grincent plus. Enfin je ne suis pas près de jouer les ermites non plus, et notre marraine-bonne-étoile, ces quand même ces mots posés billet après billet qui nous l'a offerte, alors je me dois de continuer à être reconnaissante et enthousiaste! Et du coup, les mots cahots et les photos bancales, comme une confidence de la joie qui nous environne. 

Tous les goûts qui se sont succédés ces derniers jours donneraient drôlement le tournis, mis bout à bout. Sur des routes bien tristes j'ai chanté des comptines à tue-tête, en suppliant Pépin et Odilon de patienter encore quelques kilomètres. On a périplé tous les trois, laissant un papa un peu tristoune et d'avance en manque, pour s'en aller prendre de l'air qui nous enrobera longtemps. Que c'était bon des jours partagés, où tout coulisse même les silences. Proposer mes bébés à un regard enchanté-enchanteur, et créer de la vie en commun. Je dois évoquer les profiteroles bien meilleures que les maisons, les sourires potiron-lait de coco de mon Odilon, continuer à tresser notre familiarité... Oh que j'espère, dans cette vie ou dans une autre, qu'on gagnera notre statut de voisines qui nous irait si bien! 

Plus tard Pépin me voit pleurer, assise sur la baignoire, et semble perdu. Je le rassure mais il sent bien l'amertume dans ma voix. Des soucis avec les artisans, pour faire vraiment "on fait des travaux"... Je me sens un peu méprisée, je ne sais pas si c'est en tant que femme ou "pas du milieu", mais ça pique drôlement fort en tout cas. Alors on s'offre une journée sans mémoire/sans compte rendu/sans et quand est-ce qu'on monte la cloison de ci ou ça?/sans il y a combien de calories là dedans (oui, oui, hum!). Ça tombe bien il y a du soleil et on a les mêmes envies de mal aux pieds à force de pas qui chassent les boules dans la gorge. On sait à peu près ce qu'on mettra au sol, la couleur de la cuisine, et ce qu'on plantera sous les fenêtres. On sait surtout qu'on y sera bien, qu'on rira de ma frousse des crapauds (et autres voisins!) et que le lait "du vrai de la ferme" des voisins -dont le mari est mon patient, un vieux monsieur aux mains toujours chaude- fera sûrement les meilleures crêpes. Vous me ferez penser à vous donner un pied de rhubarbe quand vous serez là! Je ne sais pas si mes tartes sentiront aussi bon que celle qu'elle faisait mardi dernier, quand je tâtonnais avec son mari, mais j'espère elles enroberont aussi bien le coeur des amis qui viendront broder des petits bouts de vie avec nous. 

No comments:

Post a Comment