On était seuls dans le parc, à par quelques chiens assez poilus pour s'en fichent de la pluie. On ne venait jamais là, quand on habitait ici, ça rendait la sortie un peu plus exotique (encore!). Grimper tout seul! puis hésiter en haut du toboggan. Des allers-retours tout le temps entre la marche du dessus et celle sur laquelle on est bien, nous on ne fait pas ça si? Ce serait un bon chemin pourtant.
Le samedi c'était vraiment dur, un de ces matins où je fantasme d'aimer le café, d'être de ceux à on ne parle qu'après la première ou deuxième tasse. Moi je restais embrumée, le thé m'accompagne et je ne lui en veux pas. La dernière part du carrot cake avait été mangée, c'est bien je n'avais pas à me poser la question d'être raisonnable ou pas. Pas de flocons d'avoine non plus, ce sera pour le goûter, avec les framboises qu'il serait temps de cueillir. La liste du jour, sur un bout d'enveloppe, un tableau oui/non assez éloquent, rappeler ce pénible, le mail à la banquière... bref la vraie-fausse vie qu'on n'arrive jamais à étouffer.
On rapatrie des affaires à la maison, enfin. Sur les cartons il y a écrit agendas, souvenirs maman, albums photos. Tout ça ce sont des souvenirs, intolérablement anciens. Dans mes agendas j'ai un peu mal pour la fille tellement enfermée que j'étais. J'ai envie de lui dire de profiter de sa maman, car ce sera court. De se délivrer de cet homme qui ne lui fera que du mal. Qu'elle n'est pas obligée de se faire mal pour sentir que si, si, elle est bien en vie. Dans les sacs à main de ma mère des lingettes pour les lunettes et c'est un détail qui pourrait me faire pleurer pendant des heures. J'ai mal et depuis que je veux bien l'entendre c'est un peu plus vivable. J'ai le droit d'y penser quand je suis dans la voiture, toute seule, pendant les petits trajets travail, yoga ou courses. Petit temps défini en tête à tête avec la douleur mais aussi un peu le plaisir d'être avec eux. C'est tellement vrai que ce serait mieux s'ils étaient là. Ça va mieux depuis que je peux le dire, surprise que ça ne me fasse pas éclater.
Je voulais mettre ma salopette, mais il y avait des taches. Ce sera l'uniforme alors, la blouse, le nouveau jean. Les sandales, rouges ou jaunes, même si l'ostéo a dit de porter de "vraies" chaussures (et des bas de contention mais y'a des limites non?). Une chambre, oui, mais pas encore d'armoire, alors les petites piles au départ bien organisées se transforment un peu en cafouillis, je ne pioche plus que dans les premières couches, les tenues tournent en boucle. On va à la piscine de la ville d'à côté, pour la première fois après plein d'envies avortées. Les petites pattes nues et les visages enbonnettées tellement magnifiques. Pépin prudent, souriant du plaisir qu'il anticipe, Odilon vite tout mou sur le dos, tout contre moi, à se laisser flotter. Ça pourrait durer des heures cette union, comme avant, l'avant magique, et en m'y fondant je me dis que ça durera toute la vie, quelle que soit la couleur du fil de la relation.
reade more...
Résuméabuiyad